MÉMOIRE DU MONDE COMBATTANT
EN POLYNÉSIE FRANÇAISE

 

 


 

 Le 1er novembre 2011, cérémonie du souvenir avec le dévoilement de deux plaques commémoratives sur le mausolée du cimetière de l'Uranie, à Papeete. 

 


 

 Le 1er novembre 2012, cérémonie dédiée aux "Morts pour la France" au mausolée de la Marine du cimetière de l'Uranie, à Papeete. 

 


 

 http://www.amedenosmarins.fr/ 

 Lien vers le site du Mémorial national des Marins morts pour la France 

 


 

 

Les marins de Tahiti disparus lors du naufrage du sous-marin SURCOUF

 

 

QM Gilbert BOURDON                         SM Marcel CORLAY                        SM Joseph FERRAGU

 

Ces trois marins ont quitté TAHITI, le 14 janvier 1941, à bord du transport de troupes HAURAKI, pour rejoindre la France Libre.
Ils ont disparu avec 130 de leurs camarades, le 19 février 1942.

 

Le 12 février 1942, le Sous-marin Surcouf quitte les Bermudes pour le Pacifique.
Victime d’une méprise, le matin du 19 février, il est coulé par l’aviation américaine au nord-est de Colon, en mer des Caraïbes.
2 avions A-17 et 1 B-18 attaquent un grand sous-marin. Le premier pilote lâche 4 bombes, le deuxième pilote lâche 4 bombes et le troisième pilote ne trouve plus le but.
Selon les habitants du Cap San Blas, à 50 nautiques à l'Est de Panama, plusieurs corps furent recueillis et enterrés dans le cimetière de cette localité.

 

Cette disparition fait à TAHITI trois veuves, Mme Raïta Simone Bourdon née Bernière, Mme Rollande Corlay née Vigor, Mme Irène Ferragu née Mahinui et un orphelin, Monsieur Angélo Bourdon.

 

Nous recherchons toujours les noms des marins enterrés dans un village du Cap San Blas après ce naufrage (Panama).

 

 

 


 

 

Capitaine de Corvette
GILBERT Jean

 

 

 

 

Né le 20 avril 1907 à Libermont (Oise).
Ecole navale en 1926.
Pilote de chasse en décembre 1933.
Pilote en 1934 de l’hydravion embarqué sur l’Amiral Charner.
Chef du service aéronautique de l’aviso colonial Amiral Charner en juin 1936.
En 1936, il épouse à Tahiti Simone Martin. Il compte 777H/Jour de vol et 33H/Nuit de vol.
Démissionne le 6 octobre 1936 ( 8 ans de service ) et s’installe à Tahiti ( directeur du département Electricité des Ets Martin ) et réserviste à la base d’aviation maritime de Tahiti. Mobilisé sur place à la déclaration de guerre, il sera un des éléments les plus actifs avec ses camarades E de Curton et Marcel Senac en faveur du ralliement de Tahiti à la France Libre. Il s’affronta violemment avec le Capitaine de Corvette Toussaint de Quiévrecourt, commandant le Dumont D’Urville, comme avec son camarade le Lieutenant de Vaisseau Lahaye ( tous deux alors fidèles au Maréchal Pétain ). Son influence personnelle sera pour beaucoup dans le regroupement des marins autour des partisans du général de Gaulle. Le 22 septembre 1940 avait lieu à Papeete une réunion du comité de la France Libre rassemblant les partisans du général de Gaulle ( Edouard Ahanne - Georges Lagarde - Georges Bambridge - Emile Martin - E de Curton- Marcel Senac - Jean Guilbert ), le lendemain du référendum on comptait 5564 suffrages pour et 18 contre.
Commandant de la Marine à Tahiti et l’escadrille A 8 du 2 septembre 1940 au 31 mars 1941, puis affecté à l’escadrille de chasse de la Royal Air Force à Ternhill ( en amenant tous ses mécaniciens et arrimeurs 12 métropolitains et 10 tahitiens à Londres ). Après, un voyage à Londres il est affecté auprès de l’Amiral Thierry d’Argenlieu comme commandant de la marine à Nouméa. Nommé CC, le 10 juillet 1941, il deviendra officier de liaison des forces américaines du général PATCH lors de leur arrivée dans l’île en mars 1942.Le 10 juin 1942 il sera victime d’un accident d’avion « éclatement accidentel des bombes au décollage d’Auckland » ou il fut enterré, son corps fut ensuite ramené à Tipearui. ( Un autre document, émanant du « Mémorial Polynésien, tome 5 » fait état de sa mort en Nouvelle Zélande le 21/08/1942 ). Fut nommé Compagnon de la libération et reçut la légion d’honneur à titre posthume.

Voir ouvrage d’E de Curton, "Tahiti 1940 - Histoire du ralliement à la France Libre". Paris 1973.

 

 

 

 

Voici l'extrait du site www.ordredelaliberation.fr relatif à l'histoire de Jean Gilbert.

 

Jean Gilbert est né le 20 avril 1907 à Libermont dans l'Oise de parents cultivateurs. Entré à l'Ecole navale en octobre 1926, il est breveté pilote d'aéronautique en 1932. Il sert ensuite à la base aéronavale de Berre comme pilote de l'escadrille d'observation (1932-1934) puis dans le Pacifique et en Extrême-Orient sur l'aviso colonial Amiral Charner (1934-1936), toujours comme pilote. En 1936, Jean Gilbert démissionne de la Marine pour s'installer à Tahiti où il dirige les affaires industrielles de son beau-père à Papeete. Il est mobilisé sur place comme lieutenant de vaisseau de réserve en septembre 1939.

Dès l'entrée en vigueur de l'armistice le 25 juin 1940, il ne cesse d'agir pour tenter de maintenir l'Océanie française aux côtés des Britanniques en essayant d'influer sur l'Etat-major de la marine des Etablissements français d'Océanie. Le 2 septembre 1940, jour du ralliement de la colonie, il est le seul officier de marine favorable à la France libre. Il joue un rôle de premier plan en neutralisant par son autorité les officiers de la base aéronautique, entraînant avec lui les neuf dixièmes des officiers mariniers, quartiers-maîtres et marins. Nommé immédiatement commandant de la Marine aux établissements français d'Océanie, il reste à ce poste jusqu'en avril 1941. A la mi-juin 1941, il est appelé en Grande-Bretagne dans le but d'être affecté sur un bâtiment de combat. Mais, promu au grade de capitaine de corvette, il est finalement mis, en juillet 1941, à la disposition du Haut-commissaire de la France libre pour le Pacifique, le capitaine de vaisseau Thierry d'Argenlieu. Il prend donc à Nouméa les fonctions de commandant de la Marine et de l'Air tout en étant officier de liaison auprès du général Patch, commandant les forces américaines basées en Nouvelle-Calédonie. Le 8 juin 1942, au cours d'une mission de liaison auprès de l'amiral américain commandant les forces navales dans le Pacifique sud, l'avion qui le transporte s'écrase à Auckland en Nouvelle-Zélande.
Jean Gilbert, chevalier de la Légion d'Honneur, Compagnon de la Libération par décret du 4 août 1942 et Croix de Guerre 1939-1945, est inhumé à Papeete.

 

Rue Jean Gilbert à Papeete

 

 

 


 

 

Francis Christian Eli Tematiti GASSE

 

 

Elève pilote

 

 

Né le 21 août 1916 à Papeete - Décédé le 4 mai 1968 à Izaourt (65).
Marié à Jacqueline Benjamine WALKER le 14 février 1938 à Nevers (58).
Fils de René Valentin GASSE (1891-1965) et de Jane Elise Temaramauruarii DROLLET (1894-1971).

 

 

Sur la base aéronavale de Saint-Mandrier ( Var ),
en tenue de Premier maître Pilote,
lors d'un rappel au service armé en décembre 1955

 

 

Au divorce de ses parents, il a alors 15 ans, il est envoyé d'abord à San Francisco où son père s'est retiré après le naufrage de son navire "La Bretagne", puis à Colombes, triste et grise banlieue ouest de Paris chez son oncle paternel Christian Gasse, avenue Juliette-Pauline. Fier de son père marin, voulant s'échapper de cette triste banlieue et cherchant à retrouver le ciel bleu de sa jeunesse, il s'engage dans la Marine nationale, à 18 ans. Matricule de l'aéronavale, 2389B34, il sera matelot breveté le 6 décembre 1934, recevra son baptême de l'air le 7 octobre 1935, sera fait Quartier Maître le 1er avril 1936 et finira Premier Maître le 1er octobre 1945. Plus attiré par l'air que par l'eau, Francis Gasse sera reçu pilote de l'Aéronavale le 1er avril 1937, avec le brevet n° 2310. Il est le premier tahitien pilote de cette arme, mais le second tahitien pilote militaire devancé par Henri Cadousteau, pilote lors de la 1re guerre. La devise de l'aéronavale est : "L'étoile te guide. Les ailes te portent. La couronne t'attend". Dans les premiers jours de la 2e Guerre, il participera avec son hydravion à des attaques de colonnes de chars ennemies. Ses équipiers lançaient à la main les bombes par les hublots ! Avec son unité repliée au Maroc, il attaquera en Méditerranée et coulera un sous-marin allemand ( acte non homologué par la Marine ), et après Mers-El-Kébir son escadrille sera citée à l'ordre de l'Armée de Mer par l'Amiral Darlan pour son attaque du port anglais de Gibraltar. Il quittera la Marine en 1945, totalisant 1641 heures de vol, principalement sur hydravion. Après un bref passage comme comptable à la SNCF, il entre alors à la compagnie Air France, titulaire de la licence de pilote n° PL-0516 et devient ainsi le premier tahitien pilote de ligne ! Il avait rencontré sur les boulevards de Paris un ancien pilote de guerre qui l'avait fortement engagé à entrer chez Air France. En 1959, il prend une retraite bien méritée totalisant plus de 15.000 heures de vol. Francis Gasse a fait l'objet d'un article élogieux dans "Aviation Magazine", vers 1957-1958. Il n'a pas connu la réaction et a piloté essentiellement des hélices : Dewoitine, Potez, Dornier 24, Junker 52, Latécoère, Bloch 220, Morane 230, Glenn-Martin 167, Caudron Goéland, Armagnac, Constellation, DC4, Breguet Deux-ponts... Remarié en 1959 à Fort-de-l'Eau ( Algérie ) avec Ottilia Amat dite Odile, sans descendance.

 

 

En uniforme de pilote commandant de bord chez Air France

 

 

Sur un bombardier/transport de troupes Junker allemand de la Luftwaffe, reconverti en transport civil, mon père m'a fait faire mon baptême de l'air. Je me souviens que les sièges et les tables étaient en osier ou en rotin. A Izaourt, je l'ai accompagné de sa maison jusqu'au cimetière au premier rang avec mon beau-frère André Vié. Je l'avais veillé une partie de la nuit et j'ai fort pleuré lorsqu'un employé des pompes funèbres à fermé le sac plastique qui le contenait et ensuite vissé le couvercle du cercueil.
Une curiosité. Mon père a eu un accident au décollage de l'aéroport de Marignane. En voici la narration : Quotidien "La Marseillaise", du mercredi 12 mai 1954. Titre : "Hier soir, au moment de l'envol un quadrimoteur avec 70 passagers à bord accidenté à Marignane. On ne déplore aucune victime mais la piste d'envol est bloquée". Texte : "Hier soir à 20h15, un Breguet de la ligne Tunis-Paris a été accidenté au décollage de Marseille-Marignane alors que le pilote M. Gasse, lançait son appareil en vue du décollage, le train d'atterrissage est subitement rentré et l'avion a piqué du nez. Ses quatre moteurs ont violemment heurté le ciment de la piste d'envol. Heureusement aucun des 70 passagers, qui avaient pris place à bord de l'appareil, n'ont été blessé. Par contre, les sacs postaux se sont répandus sur le ciment. Dans la soirée, les passagers ont pu prendre place dans le rapide Marseille-Paris. Ils arriveront dans la journée dans capitale. Tard dans la nuit, la piste d'envol de Marseille-Marignane était toujours interdite aux appareils". L'accident a eu lieu le 11 mai 1954 à 20h15, au décollage pour Paris. Le Breguet Deux Ponts accidenté portant l'immatriculation F-BASY. Curieux destin pour ce Deux Ponts, après avoir servit au Sahara, piloté encore par mon père, lors de la ruée sur le pétrole à Hassi Messaoud, le F-BASY terminera sa carrière à… Tahiti ! Il avait été utilisé par l'Armée lors de la construction du CEP.

Texte et photos de la collection Michel GASSE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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